22 octobre, 2009

Être peintre

Classé dans : peintures — garnierpeinturegravure @ 16:13

Le monde réel n’est pas une image; il n’existe pas en dehors d’une pensée consciente d’elle même. Pour l’animal il est le frémissement de l’instant qui appelle l’instinct et pour l’homme le lieu du temps barré par la mort. La peinture se doit de faire la connexion entre ces deux mondes: par la main vivante elle est la trace fossile de l’existence, et par la conscience elle devient un monde qui regarde un monde. Ces deux “vies” présentes dans le tableau créent la réalité intangible d’un temps présent, passé et à venir.

Ceci dit et rien est dit, car là, seul le mystère prévaut, celui de l’oeuvre dans son étrangeté évidente et évidemment intime.
Je demeure donc peintre et uniquement peintre, c’est à dire quelqu’un qui utilise de la couleur sur une surface plane, avec la certitude que ces contraintes cloisonnent avec pertinence une réalité sans qu’il soit besoin d’y adjoindre une quelconque recherche conceptuelle (soit disant une nécessité aujourd’hui); l’homme est debout et marche, qu’il puisse se déplacer autrement à notre époque ne change pas l’essence de sa nature qui est le pas. J’accorde donc à la tradition de “peinture de chevalet” toute la modernité possible depuis ses premières tentatives jusqu’à aujourd’hui. Cela noue le dialogue de l’humanité avec elle-même depuis qu’elle existe et considérer qu’aujourd’hui, puisque l’invention formelle est à bout de souffle, nous serions rentrés dans une ère nouvelle (plus nouvelle que les autres?) est absurde. Là se clôt le débat, qui n’a pas lieu d’être pour qui veut voir. Van Rogger (peintre méconnu et remarquable génie) a terminé le xxème siècle en débarrassant cette période de tous ses errements et permet peut-être à d’autres de croire encore à la nécessité de peindre aujourd’hui.

Patrick Garnier
(Ce blog ci est déjà saturé, je le laisse quelques temps tel quel avant d’effacer et de remplacer des pages; j’ai un autre blog avec vidéos:oeuvresdegarnier.blogspot.com)
 

iris – huile sur toile – 100×81 – 2009

200921.jpg

21 novembre, 2009

dessins – ports- 2009

Classé dans : dessins — garnierpeinturegravure @ 18:55

Voici les dessins ayant participé à l’élaboration de la « série  » sur le port de Port-Bail. Chacun d’entre eux fut réalisé sur le motif dans la nécessité d’être un lien permanent avec la Réalité à peindre. Ils ne sont nullement de simples dessins préparatoires, de simples essais de composition n’ayant pour finalité qu’une réalisation plus aboutie sur toile, mais les traces vivantes du contact qui imprègne la mémoire pour qu’elle même devienne une réalité plus présente que l’impression rétinienne. Ceci est, du reste, la composante primordiale de mon travail: ne pas faire fi de la présence.

8982009.jpg
carré conté – 50×65 – 30/10/2009

 


8852009.jpgeeeeeeee 8862009.jpgeeeeeeee 5042009.jpgeeeeeeee5052009.jpg
03/09/2009eeeeeeeeeeee 08/09/2009eeeeeeeeeee 08/09/2009eeeeeeeeeee 08/09/2009

 

8872009.jpgeeeeeeee5062009.jpgee            89020091.jpgeeeeeeee 8882009.jpg
 10/09/2009eeeeeeeeeeee11/09/2009eeeeeeeeeeee14/09/2009eeeeeeeeeee119/09/2009                     

 

8912009.jpgeeeeeeee8922009.jpgeeeeeeee8932009.jpgeeeeeeee8942009.jpg
20/09/2009eeeeeeeeeeee21/09/2009eeeeeeeeeeee22/09/2009eeeeeeeeeee25/09/2009

 

5072009.jpgeeeeeeee5082009.jpgeeeeeeee5092009.jpgeeeeeeee5102009.jpg
01/10/2009eeeeeeeeeeee01/10/2009eeeeeeeeeeee05/10/2009eeeeeeee05/10/2009

 

89620092.jpg eeeeeeeee8962009.jpgeeeeeeee8972009.jpgeeeeeeeee8952009.jpg
15/10/2009pppppppppppppppp12/10/2009pppppppppp19/10/2009eeeeeeeeeeeeeeeee03/10/2009

 

18 novembre, 2009

port – 2009

Classé dans : peintures — garnierpeinturegravure @ 16:08

Cette « série » sur le port de Port-Bail a été faite entre la fin août et la fin octobre 2009. Je montre ici la totalité des toiles qui font l’objet d’un diaporama (avec dessins) dans mon autre blog. Ce n’est pas vraiment une série en tant que telle mais plus la volonté d’absorber un « thème » tout en tentant d’éviter la répétition dans la représentation et dans la composition.

Tout le temps de l’élaboration des toiles, des dessins sur le motif étaient fait quotidiennement afin de garder un contact serré avec la réalité. Ses dessins ne représentent pas pour autant des étapes préparatoires mais la nécessité d’être présent dans le monde que je peins. J’en mettrai un certain nombre dans la rubrique dessins afin que vous puissiez sentir ses temps de présence face au temps propre des toiles.

Quelques gravures sont nées elles aussi pendant cette période que vous pourrez voir là aussi dans mon autre blog (autant garder la place ici pour d’autres choses).

2009.jpg
huile sur toile – 89×116

 

200938.jpg
81×100

 

200945.jpg
91×81

 

200944.jpg
73×100

 

200943.jpg
81×100

 

200942.jpg
81×100

 

200941.jpg
65×81

 

200940.jpg
73×100

 

200939.jpg
81×100

 

200946.jpg
81×100

 

20091.jpg
65×81

 

200947.jpg
60×116

31 octobre, 2009

natures mortes de 2008

Classé dans : pastels-gouaches — garnierpeinturegravure @ 20:17

 

4382008.jpg

lilas – gouache – 75×55

4392008.jpg

lilas et pommes – pastel à l’huile – 50×65

 

4542008.jpg
pommes et poires – gouache – 55×75

4552008.jpg

pommes et poires – gouache – 55×75

 

4592008.jpg

pommes – gouache – 50×65

4602008.jpg

pommes – gouache – 50×65
4632008.jpg

pommes – pastel sec – 65×50

 

 

27 octobre, 2009

Patrick Garnier, au lieu… Par Philippe Blanchon

Classé dans : analyses-critiques — garnierpeinturegravure @ 16:31

8882009.jpg

Patrick Garnier, au lieu…

On dit communément qu’il y a autant de mondes qu’il y a d’individus. C’est sans doute, en partie, vrai, et la psychologie moderne s’est suffisamment penchée sur ce fait. Celui-ci admis, il semble qu’il y ait, en outre, une perception du monde moins personnel que chacun se choisit ou subit. Ce monde, auquel viennent se fondre nos données psychologiques propres, peut être perçu comme le décor d’une scène où nous jouerions un personnage central, comme un objet de spéculations statistiques, sociologiques, conceptuelles, etc… ou alors comme un jardin, souvent aride, où il s’agirait de trouver des objets de plaisir. Les conséquences sont nombreuses dans l’univers de l’art moderne : art devant flatter l’égo de son créateur comme de ses spectateurs ; art expérimental, strictement cérébral ; ou encore, art décoratif devant enjoliver ce jardin. Pourtant, il est des artistes qui proposent un monde où ses relativités (narcissiques, sociales ou ludiques) disparaissent, qui tendent à nous proposer un monde qui ne serait pas un monde de plus, mais le monde même.Ce monde ne peut être perçu que par notre humanité : nos sensations, nos sentiments, nos émotions se mêlant ainsi à notre culture. Ainsi plus l’homme s’affirme tel qu’en lui-même, plus il disparaît, pourrions-nous dire pour synthétiser cette esthétique qui tend à réduire le divorce de l’homme et du monde. L’artiste qui œuvre dans ce monde doit alors être « citoyen de la terre », comme l’entendait Kafka, être là, ici et maintenant, accepter cette condition et travailler avec elle, à partir d’elle, rêver quelque « au-delà » proche et lointain, dans la main et inaccessible. Si en peinture Vincent Van Gogh en est l’exemple absolu, Rimbaud l’est pour la poésie. Ceux-là qui « étreignent la réalité rugueuse »…
Patrick Garnier est bien parmi nous (que nous le voyions ou pas n’a aucune prise sur ce fait objectif) : il peint autant le monde qu’il l’invente, selon que l’impose toute esthétique. Puisqu’il s’agit de « trouver le lieu et la formule » (toujours selon Rimbaud), parlons tout d’abord de ce « lieu ». Le grand poète américain William Carlos Williams pensait qu’une œuvre devait être localisée pour prétendre à l’universel. Patrick Garnier est le pays qu’il peint et ce pays lui ressemble. Depuis plus de dix ans maintenant (et plus encore depuis 1996 où son atelier s’ancra plus profondément dans le Cotentin) c’est là, au bord de la Manche, qu’il propose une réponse à chaque toile, à chaque interrogation que lui renvoie le monde. Sa singularité, garantie de toute œuvre authentique, est manifeste à chaque toile : nul besoin de changer de sujet, le même bouquet, le même bateau offrent une réponse esthétique nouvelle à chaque recouvrement patient ou non de la toile.

Ainsi il est aisé de mesurer, à qui connaît sa peinture depuis ses prémices, les pas accomplis vers le lieu où il œuvre. Depuis ce Midi à la nature écrasée par la lumière aux constructions colorées de l’univers bâti par les hommes de Marseille et de ses alentours.

Après ce qui déjà vient d’être dit, il n’est pas étonnant que Patrick Garnier considère Van Gogh comme le plus peintre des peintres, non plus que le peintre contemporain qui l’est révélé à lui-même soit Roger Van Rogger. Ce dernier a rendu possible, aujourd’hui, une telle réconciliation avec le monde, la peinture comme médium autonome à sa connaissance plus profonde. Ainsi si ce grand abstrait a imprégné les toiles de Patrick Garnier plus jeune, c’est une synthèse qui s’opère depuis bien des années maintenant, le « lieu » rendant cela possible. Entre cet apport capital et sa singularité (présente dès ses premières toiles) il s’affirme dans la plus grande liberté devant la richesse du motif rendant plus riches encore les inventions esthétiques, les possibilités techniques et l’affirmation prégnante de ce monde, hors du théâtre social.

Patrick Garnier sera un temps étudiant aux Beaux-Arts de Tours (d’où il est originaire) où il verra la peinture considérée le plus souvent comme un stock d’images mises à disposition pour des analyses partiales et partisanes. En 1987, il a vingt et un ans, il découvrira l’œuvre de Van Rogger (qui se voulut un ouvreur de piste pour ceux se réclamant du créer) : la peinture comme fin en soi et absolument libre. Rencontre capitale puisque la piste spécifique qui s’ouvrira devant lui sera désormais sienne, dans cette liberté reconquise. En Touraine, tout d’abord, Paysages et Natures Mortes aux tons sourds dévoilent des compositions et un dessin singuliers. L’apprentissage est rude, les doutes nombreux, avant de se retrouver à lutter sur le « même terrain » que ces prestigieux prédécesseurs (Van Gogh, Cézanne, Van Rogger) : en Provence. D’abord, un passage par Aix où Van Gogh l’éblouit dans ce pays de Cézanne. Cette marque laissée se creuse encore alors que Patrick Garnier s’installe à Marseille. Dessin et couleur semblent l’obséder tout entier. Mais ce qui frappe dans ses toiles de Marseille c’est combien sa liberté est grande, combien son atelier est le laboratoire où se font des découvertes inédites dans ses domaines : sa singularité se creuse elle aussi. Suivra un passage par la campagne d’Aix, à Eiguilles, où les paysages se noircissent, le désordre de cette campagne lui pèse, c’est certain (d’où le retour parfois à l’ordre énoncé par ces prédécesseurs), la lutte est bien certaine, elle aussi, et Patrick Garnier reparaît, expérimente sans cesse. Enfin viendra ce « lieu » trouvé, conquis : le Cotentin. Sa liberté peut s’y manifester pleinement, pays vierge pour lui où tout reste à faire, où il fait et refait le monde sans cesse, émouvant parce qu’ému, usant de tous les moyens dont dispose un peintre.

Pour tenter d’approfondir ce propos sur le « lieu » (indissociable de sa « formule ») je proposerais ces quelques mots de la « formule », isolément, que cette peinture et son destin m’inspirent, pour finir. Je vais poser une question simple : que reste-t-il des fastueuses décorations des cours d’Europe devant une Nature Morte de Zurbaran, un Portrait du Gréco, de Rembrandt ou devant un Vermeer ? que reste-t-il des spectaculaires tableaux « pompiers » devant les « modestes » toiles impressionnistes, Monet en tête ? On connaît la réponse. Il reste cet art dit « classique » et c’est dans son sens que travaillèrent Cézanne, Juan Gris, Piet Mondrian et Roger Van Rogger. Leur « modernité » (liberté sans âge) est dans leur conviction (outre leur génie) que l’on pouvait pousser plus loin la peinture dans la disparition de l’anecdote. Une telle attitude, outre ce qu’elle a de grandement ambitieux et risqué, ne peut supposer aucun anachronisme. J’ai parlé, pour commencer, de la diversité des mondes que les hommes s’inventent. S’il en est un qui vise au spectaculaire, le spectacle se renouvelle sans cesse ; si un autre s’analyse ou joue avec ses références organisatrices depuis Marcel Duchamp, les expérimentations succèdent aux expérimentations. Alors pourquoi refuserions-nous une descendance aux peintres enfermés dans le vocable « classique » ? Plus près de nous, n’avons-nous pas admis Nicolas De Staël (dont le retour à la figuration en fin de vie n’est pas sans confirmer sa réalité de peintre assurément) ou Morandi ? En ce qui concerne Roger Van Rogger, qui trouvera bientôt sa place dans cette « Histoire », on peut parler d’une abstraction « scrupuleuse » refusant d’être dupe des virtuosités acquises. Voilà pourquoi son œuvre figurative fut si importante. De Staël fut saisi par les mêmes « scrupules » les dernières années. Voilà toutes les leçons qu’un peintre voulant poursuivre l’aventure se devra d’être conscient. La « formule » reste à trouver, pour chacun. Patrick Garnier, peintre autant qu’il est possible de l’être, s’en approche à chaque coup de pinceau, où il est, artiste « polyphonique » pour qu’il ne soit pas fait injure au monde et à sa diversité ni à l’histoire qui le précède et qui ne cesse de nous bouleverser.

Philippe Blanchon

Philippe Blanchon est poète, gérant de la librairie La Nerthe et directeur de la collection classique des éditions La Nerthe.

Patrick Garnier a illustré la couverture de deux livres de Philippe Blanchon:

la nuit jetée aux éditions comp’act et Janvier aux éditions La Part Commune.

lanuitjete.jpg janvier.jpg

Philippe Blanchon est également l’auteur de: Le Reliquat de Santé aux éditions de la Courtine, Le Poème de Jacques suivi de L’Ambassadeur aux éditions Mona Lisait et de Capitale sous la neige, Le livre de Nathan aux éditions L’Act mem.

 

22 octobre, 2009

quelques toiles de cette année

Classé dans : peintures — garnierpeinturegravure @ 16:09

paysage – huile sur toile – 89×116 – 2009

200919.jpg
 

intérieur – huile sur toile – 97×130 – 2009

200918.jpg
 

nature morte – huile sur toile – 162×130 – 2009

20096.jpg
port – huile sur toile – 89×116 – 2009

20091.jpg

natures mortes (bouquets)

Classé dans : peintures — garnierpeinturegravure @ 16:00

iris -116×60- 2007
5722007.jpg

iris – 100×81 – 2007

iris-huile sur toile-100x81

 

iris – 100×73 – 2007

5872007.jpg

 

iris – 100×73 – 2009
200920.jpg

 

iris – 100×81 – 2009

200921.jpg

Classé dans : peintures — garnierpeinturegravure @ 15:18

tournesols – 116×89 – huile sur toile – 2006

5192006.jpg
 

 

nature morte – 100×73 – huile sur toile – 2008

20089.jpg
 

Port-Bail – 89×116 – huile sur toile – 2008

20083.jpg
champ de blé – 89×116 – huile sur toile – 2006

5202006.jpg

autoportrait – burin sur cuivre – 18×14 – 2005

Classé dans : gravures — garnierpeinturegravure @ 14:42

J’ai fait beaucoup de tirages intermédiaires pour la création de cette gravure. Les présenter à la suite l’une de l’autre permet de voir l’élaboration pas à pas de la gravure. Toutes ces étapes existent dorénavant (sauf la dernière évidemment!) en un seul exemplaire et constituent donc des pièces uniques.

le tirage reproduit ici est un tirage « bistre » que je considère comme tirage référence.

 

1520055.jpg

152005.jpg   2005.jpg   1520052.jpg   1520051.jpg   1520053.jpg   1520054.jpg

 

 

gravures (plusieurs tirages)

Classé dans : gravures — garnierpeinturegravure @ 11:18

iris – burin sur aluminium – 16×20 – 2007

47bis2007.jpg 472007.jpg

paysage – burin sur aluminium – 16×20 – 2007

4620071.jpg 462007.jpg

12

BLOG-TROTTEURS / Les lycé... |
PHILOPARTAGE |
Baptiste Bystricky |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | AMH ARTISANAT
| aerographe galerie
| LES PEINTURES ACRYLIQUES DE...